Brève description
Vers 220 av. J.-C., Qin Shin Huang entreprit de réunir des tronçons de fortifications existants pour en faire un système défensif cohérent contre les invasions venues du nord. Poursuivis jusque sous les Ming (1368-1644), ces travaux ont produit le plus gigantesque ouvrage de génie militaire du monde. Son importance historique et stratégique n'a d'égale que sa valeur architecturale.
Description longue
Connu par les Chinois sous le nom de « Longue Muraille des Dix Mille Li », ce formidable ouvrage défensif construit pour préserver le Céleste Empire de l'invasion des barbares est connu en Europe sous le nom de Grande Muraille, ou de Muraille de Chine. La plus grande partie de ces extraordinaires fortifications remonte à la période Chunqiu (722-481 av. J.-C.) et à celle des Royaumes combattants (453-221 av. J.-C.).
La construction de certaines murailles s'explique par des rivalités féodales : c'est le cas de celle construite par les Wei en 408 av. J.-C. pour défendre leur royaume contre les Qin. Ses vestiges, conservés dans le centre de la Chine, sont bien antérieurs aux murs construits par les royaumes de Qin, de Zhao et de Yan contre les barbares du Nord, vers 30 av. J.-C. Vers 220 av. J.-C., Qin Shi Huangdi, le fondateur de l'Empire des Dix Mille Générations, entreprit de réunir différents tronçons de fortifications construits au IIIe siècle, ou peut-être même avant, dans la région du Ordos.
Vers l'ouest, peu avant l'accession au pouvoir de la dynastie des Han (206 av. J.-C.), il avait étendu les fortifications qui formaient dès lors le premier système défensif cohérent, et dont des vestiges significatifs subsistent partout dans la vallée du Huanghe, jusqu'à Lanzhou. Au cours de leur règne, la Grande Muraille s'étendit même au-delà, et sous l'empereur Wudi (140-87 av. J.-C.) elle couvrait une extension de l'ordre de 6 999 km entre Dunhuang, à l'ouest, et la mer de Bohai à l'est. Le danger d'incursions des peuples fédérés mongols, turcs et toungounzes de l'Empire du Xiongnu, qui formèrent le premier Empire des steppes, rendit cette politique défensive plus nécessaire que jamais. Après la chute de la dynastie des Han (220 apr. J.-C.), la Grande Muraille entra dans sa phase médiévale. Sa construction et son entretien furent interrompus, d'autant que la Chine jouissait alors d'une telle puissance militaire que le pays n'éprouvait plus nul besoin d'une politique défensive.
Les empereurs Ming (1368-1644), après une longue période de conflits qui s'acheva par l'expulsion des Mongols, reprirent la tradition remontant à Qin Shi Huangdi. Au cours de la dynastie des Ming, 5 650 km de murs furent construits. Pour défendre la frontière nord, la Muraille était divisée en neuf zones Zhen, qui étaient des districts militaires plutôt que des garnisons. Les points stratégiques étaient occupés par des forteresses qui défendaient villes, passages ou gués. Le chemin de ronde qui parcourt toute la muraille permettait de déplacer les troupes rapidement, et était utilisé par les courriers impériaux. Deux monuments symboliques se dressent encore fièrement à chaque extrémité du mur - la Première Porte sous le Ciel à Shanhaiguan, à l'extrémité orientale de la muraille, et la Dernière Porte sous le Ciel à Jiayuguan qui, englobée dans une forteresse entièrement restaurée après 1949, marque son extrémité nord-ouest.
Ce bien culturel complexe et diachronique est un remarquable exemple, tout à fait unique, d'ensemble architectural militaire qui a répondu aux mêmes exigences stratégiques au cours de 2 000 ans, mais dont l'histoire illustre les progrès dans les techniques de défense, et l'adaptation à des contextes politiques en mutation. Le but de la Grande Muraille était de protéger la Chine des agressions extérieures, mais elle préserva aussi sa culture des coutumes des barbares étrangers. Compte tenu des souffrances qu'a impliquées sa construction, c'est un point de référence majeur pour la littérature chinoise.
La Grande Muraille des Ming est un chef-d'œuvre, et pas seulement en raison du caractère ambitieux de l'entreprise et de la perfection de sa construction. Elle offre, sur la vaste échelle d'un continent, un exemple parfait d'architecture intégrée au paysage. Au cours de la période Chunqi, les Chinois ont imposé leurs modèles de construction et d'organisation de l'espace en construisant des fortifications le long de la frontière nord. Le processus de sinisation a été facilité par les transferts de population nécessités par la construction de la Grande Muraille.
Le caractère exceptionnel de cet ouvrage pour la Chine ancienne est illustré aussi bien par les parties de la fortification construites en terre damée des Han d'Occident, conservées dans la province du Gansu, que par les admirables tronçons maçonnés, célèbres dans le monde entier, de l'époque Ming.
Source: UNESCO/CLT/WHC
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